L'appel printanier du potager.



Du Voyage Maroc au potager, ...


Le 29 Février, je rentre de mon périple au Maroc. Je suis dans cet état de béatitude qu’apporte les voyages minimalistes. Rien à m’occuper d’autre que laisser venir les choses: la non-obligation, par excellence. excusez l'expression : 2 mois à rien foutre !

Grâce à cela, de retour à la maison, j’ai les yeux grands ouverts, les sens à l’affût.

La Vie m’habite.

C’est le gros avantage du long voyage avec un minimum de confort. Cela permet de re-dynamiser toutes nos sensations et revenir à notre essentiel.


J’ai quitté la maison et le jardin le 2 Janvier; il était quelque peu endormi.


Je ne sais pas trop si je vais réussir à vous partager cette magnifique sensation de retrouver le jardin après ce voyage. Les mots me manqueront peut-être pour exprimer les sensations profondes mais tentons le coup, puisqu’écrire, c’est un peu aussi s’obliger à sortir de sa zone de confort !

Durant ce road trip j’avais pris du recul et progressivement mes points d’ancrages ainsi que mes sources de Joies intenses, sont revenus devant moi, bien en évidence.

Il m’est apparu clair que les sports nature et surtout le surf sont les sources importantes et intarissables de plaisir pour moi. Le contact avec la nature en général comme le travail manuel et intellectuel combiné, le jardin et la construction naturelle sont ce qui participent à m’épanouir me renvoyant à une profonde stabilité.

Finalement j’étais parti pour m’isoler loin de mes repères et ce sont eux : ma famille et notre lieu Embrunsdherbe; ce contact avec mes proches, et la nature en général, qui me sont venus en rappel.

C’est bien cette construction d’un lieu fertile et paisible pour y rassembler ma famille qui est le plus important de ma vie d’humain.

...pour percevoir la nature comme source...


La contemplation de la nature me donne une étrange sensation de s’étendre au delà de soi et d’être en unité avec le reste. Dans l'Océan, dans les bois, dans le désert, dans la campagne ... toujours la même chose.


Non, je ne vais pas partir dans des considérations de l’ordre du mystique car là je ne contrôle rien du tout; mais voilà je suis sûr que vous avez eu cette sensation de grande paix en vous promenant en forêt ou en regardant un coucher de soleil; où pendant un instant: tout s’arrête, tout devient un et vous pouvez même un instant oublier que vous existez. Vous êtes là où vous devez être, bien aligné avec les autres éléments, sans que le mental n’ai besoin de conceptualiser ce qui se passe.

Peace and love à ce moment précis :)

...au milieu du potager tellement vivant,...


Mais retournons à la terre humide de ce début Mars où il a plu non-stop d’après Karine, ma chérie, qui est restée cet hiver sur notre lieu.

Il n’y a pas eu de froid, et finalement je ne vois pas un jardin totalement endormi comme je m’y attendais.

Je m’y promène et ressens cette présence de l’eau; je plonge mes mains au dessous d’un paillage; la terre est bien meuble. Je découvre un peu la matière organique décomposée et noire : c’est un micro univers qui apparaît. Celui des travailleurs de la matière terre, les insectes et les vers mais aussi tout ce qui est très petit, qu’on ne voit pas, les milliards de bactéries. Loin d’être en hibernation, ça s’agite dans tout les sens. Nourrit par le fumier et le paillage déposé au début de l’hiver, leur population à largement augmentée. Pour ceux que je vois en tout cas ! Je m’étonne de ce beau résultat du travail de fertilisation naturelle de notre sol.


En me promenant, je contemple tous ces appétissants légumes qu’il reste encore à manger: carottes , choux, betteraves, poireaux et même des pommes de terre. Aussi, je prends plaisir à constater un peu partout cette vie intense du sol : un coup de bêche vertical et je vois déjà toutes les strates de ces petites populations affairées à vivre et rendre la vie plus fertile encore !

...et sentir l'appel à l'action...


Cette vision et reprise de contact avec mon jardin me nourrit le temps d’une petite promenade. Au sens propre aussi d’ailleurs , je déguste le craquant d’une carotte juteuse et sucrée sortie juste de terre et lavée dans la mare.

Tout cela m’appelle. Cette montée de Joie travaille mon corps, mon cœur, et mon esprit. De là l’enthousiasme se déploie. Je l'observe faire en prenant le temps.

Et là !! Il se passe un truc génial, c’est comment tout ce mécanisme est en train de fabriquer chez moi la future "mise en action".

Je trouve ça génial, parce que je passe d’une balade pleine de sensations données par des éléments naturels; cela me traverse et produit probablement une chimie dans mon cerveau qui va ensuite aboutir a une terrible envie d’action. C’est comme si le Jardin réussissait à m’inviter à me mettre en mouvement pour m’inscrire aussi dans ce grand jeu de la fertilité.

Me voyez vous sourire en l’écrivant ? Je trouve cela fabuleux comment depuis la source, un message peut générer l’enthousiasme et puis la volonté et enfin la action. C’est extrêmement simple et tellement puissant.

Imaginez si la vie était remplie de ces moments: ce que deviendrait la notion de travail...

Un message éveille la Joie qui amène au travail.

Est-ce que qu’on appelle encore cela du « travail » ?

...pour créer un jardin fertile.


Pour l’instant je ne parle que de la Joie à observer et à l’envie de Faire qui s’ensuit mais bien sûr un jardin c’est aussi pour participer à la création d’abondance et de fertilité. Cela est bien poétique mais concrètement, un potager produit donc tous ces bons légumes nourrissant notre petite famille.

Je me permets alors de vous citer quelques mots de Perrine et Charles Hervé-Gruyer dans leur livre « Vivre avec la Terre » pour exprimer ce moment ou après le travail, après les récoltes, vient la mise à l’abris de la production, puis le repos du maraîcher: l’hiver.


« Il est tellement satisfaisant, lorsque les jours raccourcissent et que le gel saisit la terre, de rassembler dans la maison où ronfle la cuisinière à bois des provisions variées de la cave au grenier. On s’y sent en sécurité, comme un écureuil avec ses provisions, entourés de choses simples et savoureuses ! Qui diras la beauté d’une armoire emplie de bocaux multicolores, de confitures aux saveurs d’été ? Qui diras la fierté d’être en capacité de faire les choses par soi-même plutôt que de pousser un caddy dans un supermarché anonyme ? »


Au travers de ma petite expérience j’ai essayé ici de vous décrire comment la nature peut m’appeler à elle et plus particulièrement ici: la naissance de la motivation de l’apprenti jardinier que je suis.

Je vous propose dans le prochain article d’aller plus loin dans l’analyse de l’importance de s’investir, quand on peut, dans beau jardin et du fait de produire aussi à manger. C’est plus que compatible, d’ailleurs, et justement la ferme du Bec Hellouin en est un exemple parfait.

Il existe autant de style et de façon d’approcher la permaculture que de situation et de gens différents s’intéressant au sujet.

Jetez un coup d’œil au productif et magnifique Petit Monde de Desnié, à Charles Dowding ou encore faites des recherches sur ces jardins en permaculture ou la nature est laissée plus sauvage. Vous trouverez toujours une approche qui vibre un peu comme vous et ce sera alors peut être votre source d’inspiration pour faire votre propre expérience.

À toute échelle je crois qu’on peut s’épanouir en créant son oasis ! Ça : c’est se construire aussi.


See you sur terre au prochain article.


Franck Debouté

Embrunsdherbe Slow Camp

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